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Coup de coeur du dimanche

Dimanche 7 janvier 2007

    J'avais décidé, pour cette catégorie coup de coeur, d'éviter les livres trop célèbres et, si je ne pouvais m'empêcher de citer un auteur reconnu, d'au moins ne pas parler de leur plus fameux ouvrage. Mais pour le premier article, je me permets une exception ! Car comment ne pas ouvrir cette catégorie par le livre qui a quasiment bercé mon enfance, et qui m'a en tous cas fait découvrir l'univers de la science-fiction longtemps avant que je sois capable de comprendre et de ressentir son message - j'ai nommé Fahrenheit 451 !





    Je l'ai découvert avant mes dix ans, et depuis je l'ai tellement relu que... que je suis capable d'écrire son titre sans y faire de faute !

    Fahrenheit 451, the temperature at wich book-paper catches fire and burns, la température à laquelle les livres brûlent et se consument. Dans ce livre, Bradbury nous décrit une société futuriste où la consommation de masse règne en maîtresse, où la sociabilité se réduit à des relations futiles et superficielles et où la lecture, acte anti-social puisque solitaire et permettant la réflexion, est bannie.
Guy Montag, personnage principal du roman, est un de ceux qui qui traquent les lecteurs et réduisent leurs livres en fumée. La rencontre avec une jeune voisine va pourtant l'inciter à réfléchir sur la société, et sur la portée de ses actes...

    Fahrenheit 451 n'est pas, en réalité, un roman de science-fiction. C'est une réflexion sur notre propre société et ses dérives. Ecrit en 1953, il dénonce par métaphores la censure propre au maccarthisme et critique la volonté d'un gouvernement d'empêcher le peuple d'accéder à certaines idées et certaines connaissances. De même que ces relations sociales déshumanisées où l'amour est laissé de côté, où l'on ne parle que de futilités pour laisser de côté les choses essentielles, n'appartiennent pas à cette société futuriste mais sont plutôt un miroir de la nôtre, une évolution possible.

    Un roman qui fait froid dans le dos si on le lit selon ce point de vue, mais un roman à dévorer, à lire et à relire !

Quelques extraits pour vous mettre en bouche :


" Le plaisir d'incendier! Quel plaisir extraordinaire c'était de voir les choses se faire dévorer, de les voir noircir et se transformer. Les poings serrés sur l'embout de cuivre, armé de ce python géant qui crachait son venin de pétrole sur le monde, il sentait le sang battre à ses tempes, et ses mains devenaient celles d'un prodigieux chef d'orchestre dirigeant toutes les symphonies en feu majeur pour abattre les guenilles et les ruines carbonisées de l'Histoire. "

" Bourrez les gens de données combustibles, gorgez les de « faits », qu’ils se sentent gavés, mais absolument « brillants » côté information. Ils auront l’impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement tout en faisant du sur-place. Et ils seront heureux parce que de tels faits ne changent pas. Ne les engagez pas sur des terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie pour relier les choses entre elles. C’est la porte ouverte à la mélancolie. "

" - The first time we ever met, where was it, and when ?
- Why, it was at ...
She stopped.
- I don't know, she said
He was cold. - Can't you remember ?
- It's been so long.
- It's only ten years, that's all, only ten !
- Don't get excited, I'm trying to think.
She laughed an odd little laugh that went up and up.
- Funny, how funny not to remember where or when you met your husband of wife. "

Et pour les amateurs, je ne peux que vous conseiller les autres oeuvres de Bradbury, en particulier les Chroniques Martiennes.


Par Genn
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