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Nouvelles et contes

Mardi 26 décembre 2006
    Voilà le début d'une nouvelle que j'ai écrite récemment et que je publierai petit à petit.
Elle a pour titre :

Mariam




   " La nuit commençait à peine de tomber lorsque je suis sortie du travail. Ce soir, le docteur Leferret avait décidé de fermer son cabinet plus tôt pour préparer son départ en congrès, et par conséquent de me laisser partir deux heures plus tôt. Je comptais en profiter pour faire quelques courses mais en passant la porte du cabinet, le froid hivernal m'a mordue si méchamment que j'en ai perdu toute volonté. Au diable les courses, je n'avais plus qu'une envie : rentrer chez moi, me préparer un café, pousser le chauffage et peut-être inviter quelques amies à venir partager ma longue soirée ! J'ai passé le trajet à me maudire pour avoir oublié mes gants et le moment où j'ai refermé la porte de l'immeuble derrière moi a peut-être été mon premier plaisir de la journée. Mon appartement se trouve au troisième étage mais j'ai pris l'habitude, en montant, de m'arrêter au deuxième étage pour saluer ma voisine, aussi l'ascenseur reste un luxe que je ne m'accorde pas souvent. Aujourd'hui n'a pas fait exception à la règle et ce n'est qu'en arrivant au deuxième étage que je me suis rappelée de mon avance. Natacha, ma voisine et meilleure amie, ne devait pas encore être chez elle. C'est peut-être à ce moment-là que j'ai pensé qu'il y avait quelque chose d'anormal, de pas comme d'habitude. J'ai monté les dernières marches à la hâte, pressée que j'étais de retrouver mon chez moi.

    La porte était entrouverte et mon coeur a fait un bond dans ma poitrine. Je ne me suis pas posé la question. Je ne suis pas quelqu'un de stressé et je ne nie pas que j'aurai pu oublier de fermer ma porte à clé. Mais de là à la laisser entrebaillée...

    J'ai essayé de calmer les battements de mon coeur et me suis efforcée de contrôler ce réflexe inconscient et nuisible de retenir sa respiration, puis je me suis approchée et ai poussé doucement la porte. L'entrée ne présageait rien de bon. Des manteaux gisaient au sol, les bras en croix, les poches retournées. On aurait dit des cadavres. J'ai fait un pas à l'intérieur et me suis mordue la lèvre inférieure. Une latte du plancher, sous mon pied, avait protesté. Et s'ils étaient toujours là ? Une odeur âcre agressa mes narines. Un grincement sinistre...

    C'est tout ce dont je me souviens. J'ai beau faire tous les efforts possibles, mes derniers souvenirs consistent en une odeur inhabituelle et un bruit indéfinissable. Après, ce n'est pas le flou, non. C'est le néant, les ténèbres, le vide. Jusqu'à ce que me réveille nez à nez avec un air angoissé. L'air angoissé de ma voisine du dessous qui, n'ayant pas eu droit à ma salutation quotidienne, était venue aux nouvelles et m'avait trouvée inanimée au milieu d'un tas de manteaux. Elle, ce n'étaient pas les manteaux qu'elle avait pris pour des cadavres. Il faut dire qu'un filet de sang s'écoulait de ma tempe... J'ai cru qu'elle allait pleurer quand j'ai ouvert les yeux. Apparemment, j'étais restée inconsciente très longtemps ! "

Par Genn
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Jeudi 28 décembre 2006

 



    « Elle n'a d'abord pas voulu que je me lève, préférant attendre les secours pour être sûre que je n'avais rien de sérieux, mais à part un léger mal de crâne je me sentais bien et il était hors de question que je reste ainsi allongée alors que je venais d'être cambriolée. Et je suis bien plus entêtée que cette pauvre Natacha. En attendant la police, elle et moi on a fait le tour de mon appartement et constaté les dégats. Ils avaient pris à peu près tout ce qui avait de la valeur, prenant bien soin de tout fouiller pour ne rien laisser échapper, et je pouvais d'hors et déjà faire une croix sur l'idée de porter un jour les bijoux de ma mère. Fort heureusement, je garde très peu d'argent chez moi, mais il allait me falloir plusieurs jours pour tout remettre en état. Je crois que c'est uniquement la présence de Natacha, à ce moment là, qui m'a convaincue de retenir mes larmes. Je ne suis pas spécialement attachée aux objets, mais voir mon appartement dévasté m'a fait repenser à la désapprobation de ma mère quand je leur ai appris mon intention de quitter la maison, et la scène qui a suivi.

    Je passerai sur l'arrivée de la police et des secours. Je n'avais, comme je l'avais supposé, rien de grave et ils m'ont soignée sur place. Dans l'immeuble, les voisins n'étaient pas présents au moment où les cambrioleurs ont opéré, et personne n'avait rien entendu. Ils ne sont pas parvenu pas à trancher s'ils étaient encore là quand je suis arrivée, s'ils m'ont assommée ou si je me suis évanouie et blessée en tombant. Pas vraiment fructueux. Et moi, je n'avais plus qu'à mettre de l'ordre dans ce qu'il restait de mes affaires. Natacha est restée pour m'aider, ce qui était vraiment très gentil à elle ; mais à moments j'aurai préféré qu'elle ne soit pas là pour pouvoir me débarasser de cette boule qui m'obstruait la gorge. Et finalement, j'ai passé la soirée à ranger mon appartement avec mon adorable voisine au lieu d'inviter des amies.


    Le soir venu, j'ai senti qu'une étrange appréhension me nouait la gorge au moment de pousser le verrou. La serrure devait être changée le lendemain et je n'avais que ce verrou, qui m'avait suffi jusqu'alors mais que je trouvai maintenant bien frêle, à mettre entre moi et le monde extérieur. Une voix en moi m'a ordonné de pousser légèrement la commode de l'entrée, de manière à ce qu'elle obstrue la porte. Ce n'était pas grand chose, quelques dizaines de centimètres devraient suffire... Quelques dizaines de centimètres pour ma tranquillité d'esprit, pour dormir en paix. Mais j'ai refoulé cette voix, comme j'ai refusé d'aller dormir chez Natacha. Pousser cette commode devant ma porte ou fuir la solitude de mon appartement, ç'aurait été donner prise à mes peurs et leur accorder un droit de séjour chez moi, et cela je le refuse. Evidemment, j'ai très mal dormi. Ce que je peux être entêtée, parfois. »


Par Genn
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Samedi 30 décembre 2006

   


    « Au milieu de la nuit, j'ai réussi à fermer l'oeil. Une sensation de détente a parcouru mon corps moulu et un noir accueillant, apaisant, délassant, m'a enveloppée alors que je sombrai dans le sommeil. Et puis tout à coup, ce noir a eu quelque chose d'effrayant, d'agressif... de sombre. Comme si quelque chose, tapi dans un coin de mon cerveau (ou de mon appartement ?), n'attendait que l'occasion de me sauter à la gorge. J'ai eu la sensation que le temps s'arrêtait, qu'il ne redémarrerait que lorsque l'un de nous deux, de la chose ou de moi, ferait un geste. Mentalement, j'ai tourné sur moi-même, cherchant à localiser la chose mais il m'a semblé que quoique je fasse, elle était toujours dans mon dos.

    Un cri a déchiré les ténèbres. Du coin de l'oeil, j'ai perçu un mouvement brusque. Répété. Un gémissement. Ou un sanglot ? Un éclat de voix. Affolée, je me suis mise à tourner sur moi-même de plus en plus vite, cherchant à savoir d'où venaient ces bruits. J'avais l'impression que la chose riait et se moquait de moi. Avec une voix d'enfant. Les gémissements ont repris. Non, c'était bel et bien des sanglots. Je me suis approchée d'eux et j'ai aperçu un homme, la main levée, menaçante, courbé au dessus de quelque chose. Une jeune femme. Non, une petite fille. Moi ?

    Je me suis réveillée en sursaut. A partir de ce moment là, le sommeil n'a plus daigné me rendre visite. »

Par Genn
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Mercredi 3 janvier 2007

   


« Heureusement, le cambriolage avait eu lieu un vendredi soir et j'avais le week-end et les deux jours de congrès du docteur Leferret pour me reposer et me réconcilier avec mon sommeil. Le matin, Natacha est passée voir si j'allais bien. Ma mine de déterrée ne lui a pas échappé. Elle a renouvelé sa proposition de me faire passer la nuit chez elle, et j'ai renouvelé mon refus. Je ne lui ai pas non plus raconté mon cauchemar, ça l'aurait sûrement inquiétée. Enfin, c'est ce que je me suis dit. Et puis je me suis avouée que c'était moi que ça inquiétait. J'avais peur des conclusions qu'elle tirerait de cette brêve vision et contre lesquelles je muselais mon esprit. Natacha croit dur comme fer aux messages des rêves et je ne suis pas loin de partager son avis, souvent. Et ce rêve... J'en suis sûre, j'ai vu un homme frapper une petite fille ressemblant étrangement à celle que j'ai été. Et je ne possède pas de tels souvenirs. C'est forcément lié à ce qui m'était arrivé hier. Mais justement... Qu'est ce qui m'est arrivé hier ? Je n'en ai plus aucun souvenir. La question, à laquelle je n'avais pas accordé d'importance au premier abord, devant les pertes que j'avais subies, a commencé à me travailler. Que s'est-il passé pendant ces instants dont je ne garde pas de souvenirs autres qu'une vague odeur et un grincement ? Les cambrioleurs étaient-ils toujours présents, ou non ? Et... Que m'ont-ils faits ?

- Tu devrais en parler à ta mère, Mariam.

    J'ai sursauté. Je m'étais perdue loin dans mes pensées, presque jusqu'à en oublier la présence de Natacha. Ma réaction l'a inquiétée, bien sûr. J'ai dû me concentrer pour me rappeler de ce qu'elle venait de me dire. En parler à ma mère ? Elle avait raison, comme toujours. La voix de la sagesse, Natacha. Et pourtant, elle n'est pas plus vieille que moi. Elle a eu vingt-et-un ans le mois dernier. Mais elle, sa séparation d'avec le cocon familial s'est faite en douceur et avec le consentement de ses parents, qu'elle adore et qui l'adorent. Elle a du mal à concevoir une famille où l'on ne communique pas et où l'on ne fait pas d'efforts pour comprendre et accepter les décisions des autres. Elle vit dans un nuage à des kilomètres de la terre ferme, la plupart du temps. Et la plupart du temps, je ne comprends vraiment pas comment elle réussit à m'influencer, avec ses grands yeux clairs, sa bouche en coeur et ses sourcils sérieux. Enfin. J'ai acquiescé et me suis exécutée.

- Qu'est-ce que tu veux de moi, de l'argent ?

    J'ai soupiré. Heureusement que je n'avais pas mis le haut-parleur, la réaction de ma mère aurait sûrement brisé les illusions de Natacha. Et la personne qui se le permettra aura affaire à moi ! Le monde a trop besoin de Natacha et de ses rêves sucrés. D'ailleurs, ma mère n'est pas si dure. Elle n'a tout simplement pas avalé mon départ de la maison, il y a quelques mois, et ses réactions épidermiques ne visent, la plupart du temps, qu'à m'atteindre. Désolée, maman, mais je te connais trop pour m'y laisser prendre !

- Maman, laisse un peu ta fierté de côté, tu veux ? Ca remonte à quand, la dernière fois que je t'ai demandé de l'argent ? Tu sais bien que je ne t'appelle pas pour ça. Il m'est simplement arrivé quelque chose, et je le dis à celle qui m'a mise au monde et élevée. C'est si bizarre ? Tu aurais préféré que je ne te le dise pas ?

- En tout cas, tu ne peux pas dire que je ne t'avais pas prévenue. Tu es partie trop jeune de la maison ! Tu n'étais pas assez mature ! Je parie que tu avais oublié de fermer la porte à clé, tiens. Parfois je me demande à quoi tu penses.

    La discussion a continué sur ce mode pendant une dizaine de minutes. Enfin, j'ai surtout beaucoup laissé parler ma mère. Elle a mon départ en travers de la gorge, et essaie comme elle peut de le décoincer. Je laisse faire, je sais qu'elle ne pense pas un mot de ce qu'elle dit et qu'avec le recul, elle s'en voudra. Je ne m'inquiète pas, ça finira par lui passer.

    J'ai raccroché en disant à Natacha que tout allait bien. Je ne sais pas si elle m'a crue ou non, mais elle a décidé de prendre mon week-end en main. Et énergique, la main ! Les activités se sont succédées à une vitesse affolante. D'abord, passer à l'hopital pour surveiller l'évolution de ce qui s'est révélé n'être qu'une ecchymose, puis au commissariat pour ne rien apprendre. Ensuite, Natacha m'a concocté ce qu'elle appelle un "plan de remise à niveau du moral", principalement à base de cinéma, de bar, de patisserie, de boutiques de vêtements et surtout de fous rires entre amies. Le week-end a été très agréable, même si me faire dépenser de l'argent après que j'en ai tant perdu n'était pas forcément l'idée du siècle. La présence de Natacha m'apaise toujours. De son point de vue, cette journée était ce qu'il me fallait pour me gonfler à bloc, comme elle l'a fait pour elle. Je ne comprendrai jamais comment ce genre d'activité pour rendre leur joli sourire aux Natacha. Quelque part, je jalouse sans doute leur capacité à tirer de la bonne humeur et des forces dans les petites joies de la vie. Comme par exemple essayer un nouveau vêtement et se découvrir jolie, dépenser de l'argent mis de côté sur un coup de tête ou dévorer des pâtisseries. A moi, il me faut bien plus, et c'est peut-être ce qui fait que les Natacha seront toujours plus heureuses que les Mariam. »


Par Genn
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Vendredi 5 janvier 2007

 


  « Le samedi soir, nous sommes sorties voir des amies chez qui nous avons passé la nuit à discuter de choses et d'autres, passant du futile à l'important et de l'important au futile avec naturel. C'était bon de pouvoir penser à autre chose, de pouvoir dormir en se sachant bien entourée. Le lendemain, nous avons remis. Et le soir venu, on a fini de remettre mon appartement en état, puis j'ai dîné chez Natacha. Elle a prétexté, pour me faire venir, un besoin de compagnie et mon propre désir de fuir la solitude m'a convaincue de rabaisser ma firté et d'accepter. Parce que je sais bien que derrière cette invitation, il y a le sous-entendu humiliant de la précarité de ma situation financière. Elle n'a pas tort, cela dit. les prochains mois risquent d'être durs.

    J'ai du refuser au moins pour la dixième fois de dormir chez elle, et je suis rentrée me coucher. La même envie de pousser la commode devant la porte m'a travaillée, mais j'ai résisté. Malgré ma fatigue, j'ai eu presque autant de mal que la veille à m'endormir. La nuit, le silence se fait assourdissant et le moindre bruit résonne comme un coup de gong. Je ne pourrai pas compter le nombre de fois où les pas de mes voisins dans leur appartement m'ont fait sursauter. Plusieurs fois même, il m'a semblé entendre la porte d'entrée et j'ai dû me retenir de ne pas aller vérifier. La peur n'entrera pas ici ! Et finalement, après m'être résolue à me faire une tisane, j'ai réussi à trouver le sommeil.

    Le cauchemar a pris la même forme que l'avant-veille. J'étais emprisonnée dans les ténèbres, je haletai, je suffoquai. Il y avait quelque chose de malveillant, de menaçant, tout près de moi et je n'arrivai ni à l'atteindre ni même à l'apercevoir. Je ne sais si j'essayai de me défendre contre cette chose, ou si, ayant conscience de rêver, je tentai de me réveiller, mais je ne parvenai ni à l'un ni à l'autre. Un homme sans visage est apparu et a abattu violemment la main, le poing serré. Sur moi ? Non. Sur une petite fille recroquevillée, qui pleurait et qui gémissait. Je me suis éveillée en sursaut, en sueurs. Comment se faisait-il que je fasse le même rêve, le même cauchemar plutôt, deux nuits de suite ? Moi qui n'avais plus eu de cauchemars depuis mon enfance ?

    J'avais furieusement envie d'en parler à quelqu'un. Mais à qui ? A ma mère, pour qu'elle me refasse les mêmes reproches sempiternels, à Natacha pour qu'elle s'inquiète? Non, hors de question. De toutes façons, ça n'avait probablement pas d'importance. J'ai essayé de me rendormir mais il me semblait que la chose tapie était au fond de mon cerveau s'était évadée et rôdait dans mon appartement. Je n'ai pas pu fermer l'oeil.


    J'ai passé la journée du lendemain à faire mes comptes et à réfléchir sur la manière de limiter mes dépenses. Natacha, mes voisins, mes amies travaillaient, le week-end était fini. Mais le docteur Leferret était en plein congrès, et j'avais encore deux jours de repos devant moi. Deux longs jours de désoeuvrement et de solitude... Toute seule, je n'avais pas le courage d'aller affronter la cruauté de l'hiver, et je suis restée chez moi toute la journée. Avec pour seule occupation, la question de mes dépenses. J'allais évidemment devoir limiter mes sorties, aller moins souvent au restaurant, me priver à droite à gauche. Mais le bilan n'était pas si catastrophique que ça. Le soir venu, je suis allée au cinéma pour ne pas croiser Natacha. Je n'avais pas envie de lui mentir lorsqu'elle me demanderait comment je me sentais. Et après la séance, je suis directement allée me coucher, une légère appréhension me nouant l'estomac.

    Ca n'a pas manqué, dès que j'ai réussi à trouver le sommeil mon cauchemar est revenu. Encore plus réel que les nuits précédentes. J'étais dans le noir, encore, mais j'y reconnaissais des formes. Des murs, des meubles. J'étais dans mon appartement ! Mais c'était comme si les choses n'étaient pas vraiment à leur place, je ne parvenais pas à m'y retrouver. J'ai senti la menace, à présent familière, arriver derrière moi, se déplacer en même temps que moi. Et l'homme sans traits est apparu. Son visage était exactement comme s'il portait une cagoule, et pourtant quelque chose en moi savait qu'il n'en portait pas. La petite fille s'est mise à pleurer tandis qu'il la battait, mais je ne me suis pas réveillée. Et l'homme s'est mis à frapper de plus en plus fort, faisant pleuvoir les coups sur son visage, son dos, ses bras, sans qu'elle ne puisse rien faire. Tout à coup, la petite fille a levé la tête et j'ai enfin aperçu son visage larmoyant. C'était le mien. Pas celui que j'avais quand j'étais petite, non. Le mien. C'est ma douleur à la gorge qui m'a réveillée, je crois. Je pleurai. »

 


Par Genn
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